Presse
Article paru dans le Devoir en date du Samedi 18 et Dimanche 19 Avril 2009
Madame Bonbon
Philippe Mollé
Olivia Gousse de son vrai nom, Madame Bonbon a repris le commerce de sa mère et de sa défunte grand-mère. Une jolie femme dans la quarantaine qui assure la continuité de la petite entreprise familiale née à La Baule, en France, sur la côte atlantique.
Faire des bonbons et en vivre est réellement un défi. S’installer au Québec il y a de cela huit ans et reprendre les recettes uniques de caramel au chocolat de la mère et de la grand-mère était un autre défi. Puis changer son nom en Lili Caramel pour en faire une signature demeurait tout aussi périlleux.
Un papa journaliste sportif, une maman qui réalise dans la cuisine de son appartement à Paris les recettes de sa mère, une fille du prénom d’Olivia qui s’adonne dès 13 ans au métier de mannequin…
Tout cela fait un curieux mariage enrubanné de l’oncle chef et de toute une famille de gastronomes reliée autant par la caméra que par les chaudrons de cuivre remplis de caramel fondant, ce qui va influencer Olivia.
Il est toutefois difficile de rivaliser avec les grands confiseurs connus, avec les spécialités d’Isigny ou de Bretagne, qui usent du caramel à tout va. Alors, en 2007, Lili la maman, la gourmande, l’épicurienne décide de repenser les recettes familiales et de les améliorer pour combattre la concurrence. Faire goûter pour convaincre: telle est sa devise.
Très vite, elle comprend que les Québécois sont curieux, assoiffés de gastronomie, amateurs de sucre mais aussi différents des Français et des autres Canadiens. C’est en fait le chocolat qui va permettre à Lili de confectionner en secret des bonbons au caramel différents de ce qui existait déjà. Un long travail qui la mène à faire du porte-à-porte, et à expliquer avant tout sa passion et comment une jolie mannequin en est arrivée à se convaincre de travailler 60 heures par semaine, de la fabrication des bonbons à leur livraison.
Tout pour le caramel
Pour Olivia Gousse, tout converge dans la bonne direction. De bons mentors et des professionnels du chocolat au Québec soutiennent sa ténacité et son talent au sein de la profession. Pour Lili, cela est bien, mais en même temps plus difficile. «Au Québec, précise-t-elle, tout va plus vite qu’ailleurs, le succès ou l’insuccès; tu ne peux pas te tromper, car tu as juste une chance.» Cette chance, Lili Caramel compte bien la saisir et aspire à faire grandir sa petite entreprise et à faire connaître ses produits uniques.
«Tout est fait pour le caramel, ajoute Madame Bonbon. Ma famille au grand complet me soutient dans cette démarche et est prête aux sacrifices que cela impose.» L’artisanat demeure pour elle le seul moyen de se distinguer des fabricants à grande échelle. Les produits de base coûtent cher, qu’il s’agisse du chocolat, du sirop d’érable, de la crème ou d’autres ingrédients dont Lili conserve jalousement le secret mais qui lui permettent de se distinguer.
Différentes variétés sont offertes aux consommateurs avec en plus des saveurs d’ici que Lili a voulu mettre en évidence. Feuilles d’érable et bleuets garnissent les papiers glacés multicolores qui ornent les boîtes ou sachets que Lili Caramel confectionne. Déjà, une vingtaine de points de vente à travers le Québec permettent à l’artiste épicurienne d’exprimer son talent.
C’est en 1946 que «mamita», la grand-mère, avait commencé à fabriquer ses recettes chez elle. Elle a ensuite transmis son savoir à sa fille, la maman d’Olivia, déménagée à Paris. Aucune des deux femmes ne se doutait alors que la petite-fille reprendrait le flambeau outre-Atlantique. Conserver des arômes uniques, offrir un caramel tendre et moelleux, voilà ce que souhaite Olivia Gousse, alias Lili Caramel, alias Madame Bonbon. Elle fait désormais partie du paysage, celui du sucre et du cinquième péché.
Pour découvrir les caramels de Lili Caramel: 514 773-9611 ou


